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Prédateur du hérisson : blaireau, grand-duc, renard, chien

Anthony COURTIN
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À retenir

  • ✓Le blaireau est le principal prédateur naturel du hérisson : il est assez fort pour dérouler un adulte en boule
  • ✓Le grand-duc d’Europe le capture avec ses serres, là où ce grand rapace est présent
  • ✓Renard, fouine, putois, martre, rats ou sanglier s’en prennent surtout aux jeunes, aux blessés ou aux cadavres
  • ✓Le chien domestique blesse chaque année de nombreux hérissons ; le chat est rarement une menace
  • ✓Les activités humaines (routes, outils de jardin, pesticides, clôtures) pèsent bien plus que les prédateurs
Sommaire

Avec ses milliers de piquants, le hérisson décourage la plupart des carnivores. Quelques animaux ont pourtant trouvé la parade.

Réponse rapide : le principal prédateur naturel du hérisson est le blaireau, le seul assez fort pour dérouler un adulte en boule avec ses griffes. Le grand-duc d’Europe, grand rapace nocturne, le capture aussi avec ses serres. Le renard, la fouine, le putois, la martre, les rats ou le sanglier s’attaquent surtout aux jeunes, aux blessés ou aux cadavres. Parmi les animaux domestiques, le chien est un vrai danger, le chat beaucoup moins. Mais la plus grande menace reste l’homme : routes, outils de jardin, pesticides et clôtures.

Quel est le principal prédateur du hérisson ?

C’est le blaireau. Le site britannique Hedgehog Street, porté par deux associations de protection, le présente comme le principal prédateur du hérisson au Royaume-Uni. Il est le seul assez puissant pour venir à bout d’un adulte roulé en boule.

Sa technique : il retourne le hérisson et force l’ouverture de la boule avec ses longues griffes pour atteindre le ventre, la seule partie sans piquants.

Le blaireau est aussi un concurrent : il mange les mêmes vers de terre et insectes. Là où les blaireaux sont nombreux, les hérissons ont tendance à se faire plus rares, ou à se réfugier dans les jardins et les zones habitées.

Hedgehog Street souligne toutefois que le blaireau n’explique pas à lui seul le déclin du hérisson.

Qui mange les hérissons ? Le tableau des prédateurs

PrédateurMenace pour un adulteMenace pour un jeuneCe qu’on sait
BlaireauÉlevéeÉlevéeSeul capable de dérouler un adulte en boule
Grand-duc d’EuropeÉlevée là où il vitÉlevéeLe saisit avec ses serres ; proie régulière dans certaines régions
Renard rouxFaibleMoyenneÉchoue souvent face à un adulte ; blesse parfois les pattes
Putois, martre, fouineFaibleMoyenneSurtout les jeunes et les individus affaiblis
SanglierFaibleMoyenneCas rares, souvent jeunes ou animaux déjà morts
RatsFaibleMoyennePeuvent s’attaquer à un hérisson qui hiberne
Chouette hulotte, buse, corvidésTrès faibleFaibleOccasionnels, souvent sur des jeunes ou des cadavres
ChienMoyenneÉlevéeBlessures fréquentes, parfois mortelles
ChatTrès faibleFaibleLe plus souvent indifférent

L’association de sauvegarde Atoupic cite le blaireau et le grand-duc comme les deux prédateurs naturels qui se nourrissent régulièrement de hérissons ; pour le renard, la chouette hulotte, la buse variable, la fouine et le sanglier, elle parle de cas rares, qui concernent surtout des jeunes, des blessés ou des animaux déjà morts.

Infographie des principaux dangers pour les bébés hérissons : prédateurs comme le renard et la chouette hulotte, températures, parasites, routes, pesticides et outils de jardin

Le grand-duc mange-t-il des hérissons ?

Oui. Le grand-duc d’Europe (Bubo bubo), le plus grand rapace nocturne d’Europe, saisit le hérisson avec ses serres puissantes et parvient à atteindre les parties molles.

Plusieurs études sur son régime alimentaire, notamment dans les Alpes italiennes (Marchesi et al., 2002), montrent que le hérisson figure régulièrement parmi ses proies. Dans le sud de la France, une autre étude (Penteriani et al., 2002) a observé que les grands-ducs vivant près des zones urbanisées en consommaient davantage, surtout quand les lapins se raréfiaient.

Le grand-duc reste cependant une espèce peu commune, absente de la plupart des jardins.

Le renard mange-t-il les hérissons ?

Parfois, mais moins qu’on ne le croit. Face à un adulte en boule, le renard échoue le plus souvent. Il tente de le surprendre avant qu’il ne se referme, ce qui explique certaines blessures aux pattes observées par les soigneurs.

Les jeunes hérissons sont nettement plus exposés. Quant aux restes de hérissons retrouvés dans l’estomac des renards en ville, Hedgehog Street estime qu’ils proviennent probablement d’animaux tués sur la route.

En ville, renards et hérissons fréquentent souvent les mêmes jardins sans incident.

La fouine, le putois et la martre sont-ils des prédateurs du hérisson ?

Ces mustélidés peuvent tuer un hérisson, mais surtout un jeune ou un individu affaibli. Atoupic range la fouine parmi les prédateurs occasionnels. Hedgehog Street cite la martre, la belette et l’hermine parmi les animaux qui s’en prennent parfois aux jeunes.

Le putois a longtemps eu la réputation d’être un redoutable ennemi du hérisson dans la littérature naturaliste ancienne, mais son impact réel est mal connu.

Les chiens et les chats sont-ils des prédateurs du hérisson ?

Le chien n’est pas un prédateur au sens strict, puisqu’il ne cherche pas à le manger. Mais en le mordant, en le secouant ou en essayant de le retourner, il cause chaque année de nombreuses blessures, parfois mortelles pour les jeunes. Nos conseils sont dans le guide hérisson et chien.

Le chat est rarement une menace. Hedgehog Street rappelle que les chats domestiques ignorent généralement les hérissons après les avoir reniflés. Un très jeune hérisson reste toutefois vulnérable. Tous les détails dans notre article hérisson et chat.

Un hérisson mordu par un chien ou un chat doit être confié à un centre de soins, même sans plaie visible.

Les rats et les oiseaux attaquent-ils les hérissons ?

Plus rarement, mais oui :

  • les rats peuvent s’en prendre à un hérisson en hibernation, incapable de se défendre, selon des témoignages de soigneurs britanniques ;
  • les pies et les corneilles blessent parfois des hérissons affaiblis au visage ;
  • la chouette hulotte ou la buse variable capturent occasionnellement un jeune.

Une raison de plus pour ne jamais déranger un hérisson qui hiberne : consultez notre guide sur l’hibernation du hérisson.

Comment le hérisson se défend-il contre ses prédateurs ?

Sa défense suit trois étapes :

  1. Il s’immobilise et rabat les piquants de son front sur ses yeux, comme une visière.
  2. Il souffle et sursaute pour piquer le museau de l’agresseur ; il peut aussi émettre un cri caractéristique.
  3. Il se met complètement en boule, tête, pattes et ventre cachés sous ses piquants.

Cette stratégie est très efficace, sauf contre le blaireau, le grand-duc… et la voiture. Pour comprendre ce réflexe, lisez notre article sur le hérisson en boule.

Quelle est la plus grande menace pour le hérisson ?

Les activités humaines. Les soigneurs britanniques estiment que les décès causés par l’homme (voitures, débroussailleuses, produits anti-limaces) sont plus nombreux que ceux dus aux prédateurs.

Le rapport State of Britain’s Hedgehogs 2022 (PTES et BHPS) estime que les hérissons des campagnes britanniques ont décliné de 30 à 75 % depuis 2000 selon les régions, la perte et la fragmentation de leur habitat étant parmi les causes principales. En octobre 2024, l’UICN a classé le hérisson d’Europe « quasi menacé ».

Vous pouvez agir dès ce soir :

  1. Bannissez les granulés anti-limaces et les pesticides.
  2. Vérifiez les hautes herbes et les tas de feuilles avant de tondre ou de débroussailler, et ne faites jamais tourner un robot-tondeuse la nuit.
  3. Ouvrez un passage de 13 x 13 cm dans votre clôture.
  4. Installez une rampe dans votre piscine ou votre bassin.
  5. Levez le pied la nuit sur les petites routes.

Nos 9 gestes simples pour sauver les hérissons et notre guide des dangers du jardin détaillent chaque mesure. Rappelons enfin que le hérisson est une espèce protégée par la loi : le capturer, le détenir ou détruire son nid est interdit.

FAQ

Quel animal mange le hérisson ?

Le blaireau est son principal prédateur naturel, suivi du grand-duc d’Europe là où ce rapace est présent. Le renard, la fouine, le putois, la martre, les rats et le sanglier s’en prennent surtout aux jeunes, aux hérissons affaiblis ou aux cadavres.

Le blaireau mange-t-il vraiment les hérissons ?

Oui. Le blaireau est le seul prédateur assez puissant pour dérouler un hérisson adulte en boule grâce à ses griffes. Il est aussi un concurrent pour la nourriture, si bien que les hérissons sont souvent plus rares là où les blaireaux abondent.

Le hérisson a-t-il beaucoup de prédateurs ?

Peu. Ses piquants découragent la plupart des carnivores, et seuls le blaireau et le grand-duc s’attaquent régulièrement aux adultes. Les jeunes, eux, sont plus exposés. Les menaces humaines, comme la route et les outils de jardin, pèsent bien davantage.

Que faire si je trouve un hérisson blessé par un animal ?

Avec des gants, placez-le dans un carton avec une serviette, au calme et à l’abri des animaux domestiques. Ne lui donnez ni lait ni pain, puis appelez au plus vite un centre de soins pour la faune sauvage.

En résumé

Le blaireau est le principal prédateur naturel du hérisson, avec le grand-duc d’Europe là où il vit ; renard, mustélidés, rats et oiseaux visent surtout les jeunes et les affaiblis. Le chien blesse souvent, le chat rarement. Mais ce sont surtout les routes, les outils de jardin, les pesticides et les clôtures qui menacent l’espèce, et sur ces menaces, chacun peut agir.

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Quel animal est considéré comme le principal prédateur naturel du hérisson ?

Qu’est-ce qui menace le plus les hérissons aujourd’hui ?

Anthony COURTIN

À propos de l'auteur

Article rédigé par Anthony COURTIN.

Passionné par la nature et la préservation de la biodiversité, je partage ici mes conseils pour protéger nos amis les hérissons.

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